Je vous l'ai dit : Reprendre des études, c'est comme sauter dans le grand bain.
Imaginez maintenant une profondeur encore plus profonde (l'Océan?), et imaginez un saut qui vous terrifie encore plus, qui fait monter en vous encore plus d'adrénaline (comme une chute libre).
Nous y sommes.
Commencer son premier jour de son tout premier stage, c'est comme se lancer en chute libre vers les profondeurs de l'Océan. C'est terrifiant, on a peur de ne pas y survivre, on a l'impression de ne pas être prêt malgré toutes les préparations.
Et pourtant. Une fois dans l'océan, une fois le choc amorti, on commence à nager, à explorer son milieu, cette immensité, que l'on ne pourra entièrement connaître pour le peu de temps que l'on passera dedans, mais on ouvre grand les yeux et on essaie d'emmagasiner un maximum de choses. On se laisse porter par les courants, qui nous emportent là où il faut, mais qui peuvent aussi nous entrainer vers le fond.
Ces courants, ce sont les infirmières. Qui peuvent aussi bien nous apprendre énormément de choses et nous guider, ou nous dégoûter, nous laisser nous débrouiller par nous-même.
J'ai la chance, dans mon service, d'avoir des courants ascendants, des courants porteurs. Des courants qui me montrent des choses que je n'avais jamais vues. Et même qui me portent à les réaliser moi-même.
Hier, par exemple.
"Si tu veux, tu peux préparer le bénéficiaire pour sa sous-cutanée, et puis quand je reviendrai, tu pourras la faire.
- Euh... Mais j'ai pas encore appris ça, je suis en première.
- Ah bon, tu n'as pas encore vu comment on fait ? Beh si tu veux, je te montre. Après, il y en a encore trois à faire : Tu te feras la main !"
J'aime apprendre. Parfois même, j'ai du mal à quitter ces courants, à remonter prendre l'air à l'heure, pour rentrer chez moi.