Ma première session d'examens se termine.
Tout d'abord, je suis contente de remarquer que mon cerveau fonctionne toujours !
C'est vrai, après avoir travaillé dans des domaines qui ne me demandaient pas trop de réflexion, il aurait pu s'encroûter, se ramollir. Mais non : Une écoute active aux cours me fait déjà enregistrer 80% de la matière, et un simple survol de mes notes complète Oui je sais, je n'ai pas encore reçu mes résultats. Mais jusqu'à présent, je ne pense pas avoir d'échec.
Ce qui m'amène à la seconde constatation : Les profs restent, à une ou deux exceptions près, relativement sympas dans leur examen. On n'a pas eu de gros pièges (ou bien on ne s'en est pas encore rendues compte. Dans ce cas, ce serait un gros piège assez vicieux.).
Autre chose : Je suis devenue stressée et peu sûre de moi. Oh non, je ne pète pas les plombs, je ne tremble pas, je ne suis pas hyperactive et certainement pas scotchée à mes feuilles pour me rassurer (loin de là).
C'est plus sournois. Je n'en dors pas. Le stress me torture l'esprit. Je me relève pour vérifier un point. Je récite mes cours dans ma tête jusqu'aux petites heures. J'imagine le déroulement de mon oral, essaie de travailler mon attitude.
Même les somnifères ne m'empêchent plus de me réveiller plusieurs fois sur la nuit.
Je suis tressée. Je ne crois pas en moi. Et quand je me retrouve devant ma feuille, les réponses jaillissent, sorties de je-ne-sais-quel recoin de ma tête. Et quand je sors du local d'examen et que les autres filles me demandent si ça a été, je réponds "Super. C'était facile, non?"
Je m'attends à heurter une vague de haine. Tôt ou tard.
Parce que je suis devenue comme ces filles que j'exécrais plus jeune : Une de celles qui, avant un examen, te disent "Hannn j'ai pas assez étudié, ça va pas aller !!" et qui au final te pètent les scores.
J'en ai connu, et je les ai détestée. Et apparemment, je deviens comme ça, même si je ne suis pas trop démonstratrice avant l'examen. Quand j'ai le toupet de dire que je ne suis pas rassurée pour un examen à venir, on me répond "Ouais, mais tu vas quand même faire 18 !".
Il faut que j'apprenne à fermer ma grande bouche. Par respect pour les autres.
Parce que je sais à quel point c'est désespérant le genre de fille que je deviens suis.
Et puis, ma dernière constatation et elle n'est pas réjouissante :
Comme je le craignais, même en ne foutant pas grand chose, je réussis quand même. Comme avant, mais en mieux. Parce que là, je ne pense pas passer avec juste la moitié. Mais bien plus.
Il va quand même falloir que je m'active pour ma session de juin : 20 examens, c'est différent de 10. Et le cours d'anatomie à lui seul doit bien représenter la totalité de la quantité de matière à ingurgiter pour cette semaine.